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Un gruntblog, auto-hébergé.

Les intégristes du libre.

07/09/2009 à 21:45:56 - 8 commentaires

... ou pas.

Libriste = intégriste.

S'il y a un adjectif qui revient souvent pour qualifier les utilisateurs de logiciels libres, c'est bien celui d'intégriste, plus précisément intégriste du libre.

Devenir un intégriste du libre, à peu de frais, c'est très facile: il suffit de ne pas avoir de compte MSN mais d'utiliser Jabber et IRC. Ou de ne pas installer Flash.

Notez bien que pour être un intégriste du libre, ne pas utiliser une solution propriétaire très répandue ne suffit pas. Il faut également savoir qu'elle existe, et il faut que beaucoup de monde l'utilise. Personne ne vous traitera d' intégriste du libre si vous n'avez pas installé le navigateur Opera, ou parce que vous découvrez Internet et ne savez pas que MSN existe (donc, que vous n'y avez pas de compte).

De plus, un intégriste du libre est quelqu'un qui reçoit ce qualificatif, non pas à cause d'un choix qu'il fait (remplacer son noyau Linux par un noyau Hurd, par exemple), mais plutôt à cause d'un choix qu'il ne fait pas .

Il est nécessaire aussi, pour mériter le qualificatif d'intégriste du libre, que ce non-choix soit sensible par d'autres personnes. Ainsi, si vous avez une carte graphique nVidia, mais que vous refusez d'installer les pilotes privateurs et préférez garder une résolution pourrie mais avec un pilote libre, vous avez également peu de chances d'être classé parmi les "intégristes." Méfiez-vous, ça peut vous arriver quand même.

Étonnamment, cette assimilation du refus conscient et manifeste de l'utilisation d'un outil propriétaire très répandu, à de l'intégrisme, est rarement étayée par des arguments. Comme s'il s'agissait d'une évidence. Comme s'il était limpide que, par exemple, ne pas avoir de compte MSN était une forme d'intégrisme.

Ben ouais, c'est évident quoi! L'autre, là, il (ou elle) n'a pas de compte MSN, pis avant il en avait un, hé, c'est donc un intégrissss du libre, logique, vous voyez ce que je veux dire!

Non, on ne voit pas. Moi pas, en tout cas.

Pour commencer, que veut dire "intégriste"? Un petit tour sur Wikipédia nous apprend qu'il s'agit d'un "courant d'opinion au sein de l'Église catholique", ce qui n'a aucun rapport avec l'informatique, mais également que le terme « intégrisme » peut désigner plus généralement toute attitude doctrinale de conservatisme intransigeant

Je reformule, histoire de partir sur une base plus digeste: Un "intégriste" est donc quelqu'un qui s'oppose fermement à un changement, en se basant sur une doctrine. On avance.

Maintenant, qu'est-ce qui dans la vie d'un utilisateur de logiciels libres, va le faire qualifier d'intégriste?

Ne pas avoir de compte MSN Windows Live Messenger, par exemple. Ou pire, en avoir un et décider de ne plus l'utiliser.

Bon, alors j'ai un compte MSN, j'ai des contacts sur MSN, et je leur dis que je ne vais plus utiliser le service MSN pour discuter, mais par exemple XMPP. J'explique que ce choix est du au fait que les conditions d'utilisation du service MSN me déplaisent et que, réflexion faite, je décide de ne plus les accepter.

On a donc d'une part, un utilisateur de MSN, qui veut continuer à utiliser MSN et uniquement MSN pour échanger des messages instantanés via Internet.

D'autre part, un utilisateur de MSN qui veut abandonner MSN, et veut utiliser (par exemple) le protocole XMPP afin d'échanger des messages instantanées via Internet.

Le décor étant planté, qu'est-ce qui fait que le premier voit le second comme un intégriste?

Peur de changer?

Déjà, première remarque: si l'intégriste est celui qui s'oppose au changement, celui qui est conservateur, alors changer de protocole de messagerie instantanée n'a rien d'intégriste. C'est au contraire l'utilisateur de MSN qui, informé, et des problèmes que MSN pose à au moins un de ses contacts, et du fait qu'il existe d'autres possibilités, qui adopte une attitude conservatrice: il refuse un changement qu'il sait possible et qui pourrait être préférable selon certains critères. Ce qui peut se comprendre, si les critères qui pourraient faire abandonner MSN n'ont pas d'importance à ses yeux, et si les critères qui le poussent à garder MSN ont beaucoup d'importance pour lui. Ceci dit, en refusant ne serait-ce que d'essayer autre chose que MSN, afin de pouvoir comparer et décider, pourquoi pas, de rester sur MSN mais en toute connaissance de cause, il est franchement frileux et réticent au changement.

Dogmatisme.

Une autre caractéristique des intégristes, en tout cas religieux, est leur adhésion à un dogme, c'est à dire à un ensemble de règles et de principes auxquels il est nécessaire d'adhérer.

Transposons cela au cas concret qui nous intéresse.

Quel est le "dogme" de l'utilisateur de, par exemple, XMPP?

Pas grand chose, si ce n'est le protocole XMPP lui-même: en effet, un des intérêts du protocole XMPP est d'être ouvert et intéropérable. N'importe qui peut proposer un service XMPP, ou un client XMPP. Le dogme que choisit l'utilisateur de XMPP est "Si tu veux me causer, tu dois utiliser XMPP", et c'est tout. Il n'impose pas à ses contacts d'utiliser le même client ou le même service que lui. Ça n'a pas grand chose de dogmatique, dans la mesure où se mettre d'accord sur un protocole commun est le strict minimum nécessaire pour pouvoir communiquer. L'utilisateur de XMPP (ou de IRC) demande juste à ce qu'on se mette d'accord avec lui au sujet d'un langage à utiliser pour dialoguer. Vous qualifiriez de dogmatique quelqu'un qui veut bien vous causer, à condition que ce soit en français ou en anglais?

Et l'utilisateur de MSN, il ne serait pas un peu dogmatique?

Utiliser "MSN", ce n'est pas seulement adopter un protocole, mais aussi un service. Et ce service a des conditions d'utilisation. Si vous utilisez MSN, vous les connaissez déjà (étant donné que vous les avez lues et acceptées). Pour les autres, voici les conditions d'utilisation du service MSN

Je vous laisse le temps de lire.

Ce sont des conditions qui n'ont rien d'anodin, c'est le moins que l'on puisse dire. Elles ont même un petit côté religieux: une entité qui voit tout, beaucoup d'interdits et aucune garantie. On croirait lire un texte religieux: "Dieu voit tout ce que vous faîtes, si vous lui déplaisez il vous jettera hors du paradis, et au passage il a plein d'interdits à vous imposer." Les conditions d'utilisation de MSN c'est du même tonneau: "Microsoft lit ce que vous échangez, si vous lui déplaisez votre compte est supprimé, et il y a plein de choses que vous n'avez pas le droit de faire."

Le "dogme" de MSN se tient bel et bien là, dans ces lignes. Et l'utilisateur de MSN, non seulement adhère à ce dogme (c'est son droit le plus strict), mais impose également à ceux qui veulent lui parler d'adhérer au même dogme.

Il semblerait bien que l'intégriste n'est pas celui que l'on croit: l'intégriste n'est pas celui qui refuse d'utiliser MSN, mais bel et bien celui qui adhère au dogme de MSN, qui impose à ses contacts d'y adhérer aussi, et qui refuse d'avance tout changement. Il a les deux pieds vissés dans son église, pour lui causer il faut aller dans la même église, et pour passer la porte il faut se faire baptiser avec un "Windows Live ID."

Des intégristes partout.

J'entends déjà grommmeller les intégristes de MSN: Oui, mais MSN tout le monde l'utilise, donc c'est pas intégriste, c'est juste qu'on n'a pas le choix.

Premièrement, le fait d'être nombreux n'empêche pas d'être intégriste: Est-ce que les intégristes catholiques ne sont plus intégristes quand ils vont au Vatican? En quoi le contexte change la nature, intégriste ou pas, d'un choix?

Deuxièmement, utiliser MSN et adhérer à son dogme est une chose. Ne pas accepter d'utiliser autre chose, donc refuser tout autre dogme, est une autre chose. Vous pouvez aller dans le temple de votre choix y pratiquer un culte, mais refuser de discuter avec les personnes qui n'adhèrent pas au même dogme que vous, c'est de l'intégrisme.

Des intégristes partout, je vous dis!

Si j'ai pris comme exemple "MSN et XMPP" pour causer d'intégristes et démontrer que les intégristes ne sont pas ceux que l'on croit, c'est parce que c'est un exemple parlant.

Mais maintenant que vous avez saisi l'idée, vous trouverez votre chemin tout seul pour estimer si envoyer un fichier au format OpenDocument, standardisé et que n'importe qui peut implémenter, est plus ou moins intégriste qu'envoyer un ".doc" lisible uniquement avec une certaine version de Microsoft Office (laquelle nécessite l'adhésion, payante, à un dogme) utilisable uniquement avec certaines versions de Microsoft Windows (encore un dogme payant).

Ou bien si refuser d'utiliser Adobe Flash, et utiliser un navigateur qui implémente correctement les standards ouverts du Web, est plus ou moins intégriste que d'envoyer un lien vers une page Web embarquant une application Flash et reprocher à son interlocuteur le fait qu'il refuse d'installer Adobe Flash.

Ou encore: est-ce qu'un utilisateur qui refuse d'acheter un matériel dont les spécifications ne sont pas ouvertes, est plus ou moins intégriste qu'un fabricant qui considère que, pour utiliser son matériel, il est nécessaire d'utiliser certains systèmes d'exploitation qu'il juge bon de supporter, et d'accepter un dogme pour utiliser le pilote qu'il distribue?

Bon troll, les commentaires sont ouverts.

Je vous recommande la lecture de cet excellent billet de Ploum, si la question "XMPP ou MSN" vous intéresse. Pour info "XMPP" est le nom technique de Jabber.

Ras le bol de Adobe Flash sur le Web!

08/06/2009 à 19:04:45 - 19 commentaires

Comment Flash pourrit le Web, et comment (essayer) de s'en débarrasser.

Le Web, c'est quoi?

Un tout petit peu de technique.

Avant de s'attaquer au problème que pose "Adobe Flash" sur le Web, il serait bon de définir ce qu'est "le Web".

Je ne résiste pas à l'envie de vous renvoyer la définition du Web sur Wikipedia

Pour faire simple, le Web est un réseau, c'est à dire un ensemble d'éléments interconnectés entre eux. La page que vous lisez en ce moment est un morceau du Web. Si vous avez cliqué sur le lien qui mène à Wikipédia, vous êtes arrivé sur un autre morceau du Web, qui est la page de Wikipedia.

Et, notion très importante pour comprendre "le Web", c'est l'ensemble de ces liens (nommés hyperliens) qui mènent d'une page à une autre qui construit "Le Web".

Un "site Web" ou une "page Web" n'est donc qu'un élément de cette "toile d'araignée mondiale": des liens permettent d'y arriver et d'en partir.

Le Web, c'est aussi des règles de construction des documents: afin de proposer une "page Web", qu'elle contienne des liens ou pas, lisibles par n'importe quel navigateur. Ces règles sont définies par un organisme nommé le W3C. En restant concret, on peut dire que le W3C se met d'accord pour dire que, par exemple, pour indiquer qu'un texte est centré sur une page, il doit être placé entre les "balises" <center> et </center> que les puristes me pardonnent cette simplification grossière. Comme vous vous en doutez, il existe des règles bien plus complexes, toutes destinées à définir une façon d'écrire et de mettre en forme une page Web.

Concrètement, ça sert à quoi?

Vous me direz, "Des liens, des règles, je veux bien, mais dans quel but?".

-Les liens

Proposer des liens sur une page Web présente plusieurs intérêts: Tout d'abord, cela vous évite de recopier une information accessible ailleurs. Si j'avais du copier-coller le contenu de toutes les pages Web que je vous propose en lien, ce billet serait illisible. C'est aussi une façon de faire preuve de respect envers les autres diffuseurs de contenu sur le Web: en postant des liens vers Wikipedia, je reconnais le travail des contributeurs de Wikipedia, et j'évite de les plagier bêtement en faisant du copié-collé. De plus, je m'assure de proposer une information "à jour": si la page Wikipedia est modifiée, le contenu que je propose avec mon lien l'est aussi.

Ensuite, les liens sont très importants pour faciliter le travail des moteurs de recherche: ils se promènent de lien en lien afin de découvrir le contenu du Web, et placent en premier dans les résultats de recherche les sites où arrivent et d'où partent de nombreux liens.

-Les règles

Se mettre d'accord sur la manière dont les documents sont publiés sur le Web permet de les rendre lisibles pour tous les navigateurs, et pas seulement: les moteurs de recherche se basent aussi sur ces règles afin de savoir quel est le réel contenu d'une page Web. Si vous utilisez la "balise" pour préciser qu'un texte est un titre, vous permettez à Google, Yahoo, Bing et autres de savoir de quoi parle votre page Web.

D'autres logiciels s'appuient sur ces règles pour permettre la lecture des pages Web: par exemple, il existe des navigateurs Web pour aveugles qui leur permettent de "lire" (ou plutôt faire lire) les pages Web.

Vous m'aurez compris: le Web permet à chacun de proposer des informations lisibles par tous, et de renvoyer aux informations publiées par d'autres. Utilisé à bon escient, il permet d'enrichir et de partager les connaissances à une vitesse incroyable.

ous proposez une page Web, un moteur de recherche la lit, un autre moteur de recherche peut aussi la lire, les internautes choisissent leur navigateur afin d'y accéder, une fois arrivé dessus ils peuvent copier une partie de son contenu, suivre les liens que vous y avez placé, proposer un lien vers votre page Web, en modifier l'affichage s'ils ont un bon navigateur...

Et Flash, c'est quoi?

Encore un petit peu de technique.

"Flash" désigne plusieurs choses.

Un format de fichier.

Il s'agit tout d'abord d'un format de fichier, reconnaissable à son extension ".swf". Une page Web est enregistrée en ".html", un document texte en ".txt", et bien le Flash c'est du ".swf", voilà. Ces fichiers ".swf" sont des programmes qu'il faut exécuter. On voit là déjà une première différence avec le format HTML, qui propose des fichiers texte à lire. Quand on dit qu'une "page Web contient du Flash", cela signifie que la page Web (au format HTML) indique quelque part "Ici, ce n'est plus du texte, ou des images, enfin bref ce n'est plus du HTML, mais un carré qui contient ce que le programme en Flash désire afficher".

En tant que "programme", un fichier Flash ne contient rien de lisible par un humain: son contenu ne peut pas être exploré par un moteur de recherche, par un navigateur Web ou par un navigateur pour aveugle. Ce n'est pas une information, mais un programme à lancer je vous dis!

Un "plugin".

Ces logiciels au format .swf nécessitent un autre logiciel afin d'être exécuté, ce qui n'a rien d'étonnant: quand vous utilisez le logiciel "notepad.exe" sous Windows, vous avez besoin du logiciel "Windows" pour lancer le logiciel "notepad.exe". De même, les ".swf" nécessitent le plugin "Adobe Flash", développé par la société Adobe, afin d'être exécutés. Ce plugin s'installe "dans" votre navigateur, et chaque fois que votre navigateur trouve, dans le code HTML d'une page, un texte qui dit "Ceci est un programme Flash", il le donne à exécuter au plugin Flash. {Au passage, si vous connaissez un moyen d'exécuter le plugin Adobe Flash pour faire tourner un .swf sans utiliser de navigateur, ça m'intéresse, n'hésitez pas à laisser un commentaire). Quand un site vous demande d' "installer" ou de "mettre à jour" votre plugin Flash, c'est de cela qu'il parle.

Le rapport entre "le Web" et "Flash"?

Il n'y en a pas!

ça doit maintenant vous paraître évident: il n'y a aucun rapport entre "Le Web" et "Flash": le Web est conçu à partir de règles communes, est destinée à être lu par plusieurs logiciels (navigateurs, moteurs de recherche), et permet de passer d'une page Web à une autre via des liens. Il permet de favoriser la transmission de l'information. A contrario, le format Flash ne dépend que d'une seule société, Adobe, et n'est destiné à être lu que par le "plugin Flash" de la même société Adobe. Flash restreint la diffusion de l'information: vous ne pouvez en général pas copier un contenu (texte, image, vidéo) proposé par une animation Flash, vous ne pouvez pas y accéder en choisissant votre logiciel (puisque le plugin Adobe Flash vous est imposé), les moteurs de recherche ne peuvent pas suivre les liens que peut contenir l'application Flash.

Flash ne vous laisse pas le choix.

Le premier problème que pose Flash est qu'il est nécessaire de le lire avec le plugin livré par Adobe, les autres solutions (gnash, swfdec) ne sont pas fonctionnelles. Cet état de fait est voulu par Adobe, qui a mis en demeure le service "SourceForge" pour avoir hébergé un logiciel qui permet d'accéder à certaines fonctions de Flash sans installer Flash (source). Lorsqu'un site vous propose une vidéo, une animation, une image, un texte, en utilisant Flash, le message est clair: Soit vous installez (si vous pouvez..) le plugin Flash, soit vous allez vous faire voir ailleurs. Il s'agit d'une insulte envers les internautes, à plus d'un titre:

- Le plugin Flash n'est pas disponible pour tous les ordinateurs du monde: Si vous utilisez autre chose qu'un processeur "x86" ou "64_x64", vous n'avez tout simplement pas la possibilité d'installer le plugin Flash. Sur certains systèmes d'exploitation (comme GNU/Linux), le plugin Flash est très mal conçu, il consomme énormément de puissance de calcul (donc fait ramer votre ordinateur), et provoque des plantages du navigateur Web,

- Le plugin Flash est un logiciel privateur, c'est à dire que vous devez renoncer à la liberté d'utiliser votre ordinateur comme bon vous semble lorsque vous l'installez. Autrement dit, si un site utilise Flash, il vous impose d'accepter le contrat de licence de son plugin

Flash emmerde le handicap.

Flash pose un autre problème: il n'est pas accessible aux aveugles ou aux handicapés moteurs. Comme nous l'avons vu, il existe des navigateurs Web destinés aux aveugles. De même, il existe des fonctions d'accessibilité dans les navigateurs, qui permettent de faire défiler les pages Web ou de suivre un lien via une commande vocale (on n'a pas tous la chance de pouvoir manipuler une souris avec aisance..) Avec Flash, les handicapés n'ont accès à rien: les navigateurs adaptés sont incapables de gérer correctement Flash, qui est conçu uniquement pour les utilisateurs qui peuvent voir le programme écrit en Flash et cliquer sur les boutons qu'il propose. Imaginez vous sans bras devant Youtube: comment faites-vous pour démarrer la vidéo, l'afficher en plein écran ou la mettre sur pause? Alors qu'un logiciel de lecture de vidéo normal, comme VLC dispose de raccourcis clavier pour ces opérations, donc est utilisable via une commande vocale.

Flash fait en moins bien ce que d'autres font depuis longtemps.

Si on examine en détail l'utilisation de Flash sur le Web, il est surtout destiné à proposer la lecture de vidéos. Comment ça marche? Le site contient une application Flash, cette application Flash télécharge et lit la vidéo. Ce qui pose plusieurs problèmes:

- La vidéo n'est pas téléchargeable facilement.

Ça pourrait être le but du webmaster, vous me direz. *

Sauf qu'avec Flash, la vidéo est malgré tout téléchargeable, c'est juste très compliqué. Si vous avez une connexion à Internet asez lente, ou que vous payez en fonction du volume de données transférées, et que vous souhaitez visionner la vidéo plusieurs fois, Flash tend à vous obliger à la télécharger plusieurs fois. Le problème se pose aussi si vous souhaitez partager la vidéo avec un utilisateur qui ne dispose pas d'Internet ou de Flash.

*Si vous savez écrire rapidement un "c-cédille" (ç) en majuscule (Ç) vous êtes un geek ;)

- Le plugin Flash consomme beaucoup de ressources.

Quand on parvient à accéder à une vidéo diffusée par une application Flash, et à la lire avec un logiciel de lecture plus performant tel que VLC, on s'aperçoit que VLC consomme bien moins de ressources que l'application Flash afin de lire la vidéo.

- C'est stupide.

Lire une vidéo avec un logiciel en Flash embarqué dans la page Web, cela signifie qu'il faut à chaque fois télécharger l'application qui lit la vidéo. Vous imaginez, si (par exemple) en arrivant sur ce blog, il vous faille télécharger un logiciel "conçu pour lire ce blog", puis qu'en arrivant sur une autre page Web vous devez télécharger un autre logiciel qui lit l'autre page Web? Puis vous arrivez sur un site qui vous propose de diffuser une vidéo, et il faut d'abord télécharger le logiciel qui la lit? Et bien, c'est exactement ainsi que fonctionne Flash. Bien sûr, vous n'avez pas à télécharger vous-même le logiciel, à le configurer et à l'installer: ce fonctionnement se fait automatiquement. Mais cela reste un fonctionnement totalement idiot: on choisit à votre place avec quel logiciel vous allez accéder à une ressource.

Si vous avez un logiciel préféré pour lire les vidéos, un autre pour regarder des images, et que vous êtes habitué à leur fonctionnement, Flash vous empêche de vous en servir: chaque site va proposer son lecteur différent, ses boutons et raccourcis différents. Ici il faut appuyer sur espace pour mettre sur pause, là c'est une autre touche, sur celui-ci vous ne pouvez mettre la vidéo en plein écran..

Se débarrasser de Flash (enfin, essayer).

Vous savez maintenant que Flash est une catastrophe sur le Web. Et, si vous n'en êtes pas convaincus, j'attends vos lumineuses explications destinées à me convaincre que les handicapés n'ont pas le droit d'accéder au Web, que la liberté de choisir ses logiciels est inutile, que les standards sont une lubie d'informaticien, que diffuser une vidéo gratuitement nécessite d'en compliquer l'accès et que la licence du plugin Flash convient à 100% des internautes.

Ne pas l'installer (logique, non?).

La première chose à faire, si vous êtes convaincu de la bêtise qu'est Flash sur le Web, est de ne pas installer Flash. Bien sûr, vous pouvez aussi l'installer tout en disant que c'est une mauvaise idée de l'utiliser sur un site Web: mais si vous confortez les webmasters dans leur choix d'utiliser Flash, vous leur donnez raison, et partant de là vous les poussez à utiliser ce que vous critiquer.

En n'utilisant pas Flash, vous indiquez aux nombreux sites qui font des statistiques sur l'équipement des internautes que vous, vous n'utilisez pas Flash. Ces statistiques sont utilisées par les webmasters pour décider de la façon dont ils proposeront une information: si 98% des moutons du Web installent Flash, ils mettront du Flash plein leur site. Mais si le nombre d'utilisateurs de Flash diminue, ils seront contraints de proposer une solution intéropérable afin de conserver un nombre de visiteurs correct.

Faire savoir que vous n'avez pas Flash.

- Aux webmasters

Si vous tombez sur une ressource qui vous intéresse, mais qui n'est accessible que via Flash, n'hésitez pas à en parler. Tout d'abord, au responsable du site Web qui héberge l'application Flash, en expliquant que vous n'avez pas Flash mais que l'information diffusée en Flash vous intéresse. Expliquez succintement en quoi Flash vous dérange, sans être agressif, et précisez bien que proposer Flash et un contenu alternatif permet de satisfaire tous les internautes sans renoncer à ce que permet Flash. Par exemple, pour une vidéo, proposer un lien direct vers la vidéo n'empêche pas d'intégrer une application Flash qui la lit.

- A ceux qui diffusent des liens vers du Flash.

On vous envoie un lien vers une page Web dont le contenu est en Flash? Protestez (poliment) auprès de celui qui l'envoie: il peut lire l'application Flash, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Faites comprendre aux gens autour de vous que le choix qu'ils ont fait (Installer Flash) n'est pas fait par tout le monde, donc que diffuser un lien vers une page en Flash sans être certain que son interlocuteur a Flash, n'est pas très respectueux. Qu'il s'agisse de la famille, des amis ou d'un forum communautaire, un individu censé ne peut que comprendre ce point de vue: il a peut-être installé Flash, mais il ne peut absolument pas supposer que tout le monde en a fait autant.

Remplacez Flash (ça devient amusant).

L'idée la plus amusante pour lutter contre le pourrissement du Web par Flash n'est pas de moi. Je vous l'expose ici: puisque certains sites ne sont conçus qu'en Flash, ils n'ont pour ainsi dire pas de contenu Web. Partant de là, leur référencement par les moteurs de recherche tient à peu de choses: le nom de domaine qui les héberge, le titre de la page qui héberge l'application Flash, et les liens qui y mènent.

En concevant un site (même très très simple) qui propose un contenu ressemblant à ces sites, et en plaçant quelques liens sur le Web qui y mènent, vous pouvez faire que votre site "pastiche" soit mieux référencé que le site officiel.

Ainsi, le défaut de Flash se retourne contre le webmaster: Flash n'est pas du Web, donc il se référence très mal.

Je vous propose, pour commencer, Le site Web de la Baroufada

D'autres suivront, et n'hésitez pas à en faire de même, ainsi qu'à copier ce lien et à le diffuser sur le Web (signature invisible sur les forums, ou lien caché sur votre propre site, ou article diffusant cette idée et proposant cet exemple).. ça peut marcher.

Le "téléchargement légal"

24/05/2009 à 18:08:14 - 5 commentaires

Marre d'entendre parler de "Téléchargement légal" alors que cette expression est totalement débile! Bienvenue sur mon blog, plateforme de "téléchargement légal de billets" ;+)

ça ne vous saoule pas d'entendre à tout bout de champ l'expression "Téléchargement légal" dès qu'on vous parle d'une musique que vous pouvez acheter en ligne? Moi si!

Le téléchargement, quel progrès!

- Le téléchargement, c'est tout bêtement le fait de copier des informations à travers un réseau. ça n'a rien de bien exceptionnel! Vous venez de télécharger la présente page Web, sans vraiment y penser. Si vous postez un commentaire, vous allez le télécharger vers mon serveur. Au passage, on peut regretter la pauvreté de la langue française, qui ne propose que "téléchargement" pour désigner ce que la langue anglaise distingue comme "upload" et "download". Cette distinction a pourtant son importance, nous le verrons plus tard.

Restreindre le mot téléchargement au fait de copier, depuis une ou plusieurs sources sur Internet, un contenu multimédia (film ou musique), sur son ordinateur, est donc totalement aberrant. Dès que vous lancez un navigateur Web, voire même avant, votre ordinateur passe son temps à télécharger des informations. Il télécharge très probablement l'heure, certains logiciels téléchargent les informations permettant de savoir s'ils ont besoin d'une mise à jour, si vous avez un antivirus (nécessaire sur les OS déficients), il télécharge régulièrement les signatures des virus.. ça n'a rien d'extraordinaire, que de télécharger.

En fait, si on ne parle de téléchargement pratiquement que lorsqu'il est question de contenu multimédia, c'est que ce téléchargement-là présente, pour l'utilisateur lambda, deux caractéristiques:

- Les fichiers audios et vidéos téléchargés sont placés à un endroit connu de l'utilisateur, et très souvent copiés sur un autre support. C'est vrai ça, je ne sais pas où mon navigateur range son cache, donc ce n'est pas du téléchargement?

- Il utilise un logiciel dédié à cet effet, qu'il installe et configure lui-même. Dès que l'on passe plus de 10 minutes à faire fonctionner quelque chose, ça devient une opération complexe à laquelle il faut attribuer un nom technique. Je lance mon client de messagerie, il démarre, je reçois un message, ce n'est pas un "téléchargement" car je n'ai pas eu à rediriger un port, récupérer une "liste de noeuds" et une "liste de serveurs"?

Donc bon, parler de "téléchargement", et même de "téléchargement légal", n'a pas beaucoup de sens: tous les utilisateurs d'un PC connecté à Internet font du "téléchargement légal", sans même le savoir la plupart du temps.

Notez qu'activer un logiciel propriétaire en utilisant Internet n'est pas qualifié de "téléchargement légal": les utilisateurs de, par exemple, Steam, qui téléchargent la plateforme Steam, l'installent, et y copient leur clef d'activation, n'en parlent pas comme d'un "téléchargement légal", peut-être parce que le fait qu'il soit "légal" va de soi. Ce qui nous amène à cette question: pourquoi cet attribut "légal" qui n'affuble que le téléchargement de musique et de films?

Légal, mon bon monsieur!

On l'a vu, nous téléchargeons tous des informations, et nous les téléchargeons le plus souvent légalement, sans même nous poser la question.

Mais si le téléchargement d'oeuvres artistiques est explicitement qualifié de "légal", c'est qu'il a longtemps été illégal. Plus précisément, les ayants-droits ont mis longtemps à se sentir le devoir (oui, ce sont des ayants-droits, pas des ayants-devoirs) de mettre à disposition, de façon légale, et via Internet, les oeuvres qu'ils sont censés gérer et qui ont été téléchargées illégalement pendant des années.

Si le qualificatif "légal" est attribué au téléchargement qu'ils proposent, c'est donc avant tout pour l'opposer au téléchargement illégal (mais le seul disponible) qui existe depuis plus de 10 ans.

On peut remarquer, de plus, que ce qui est "illégal" dans le partage, en "pair à pair", de fichiers dont le contenu est couvert par des droits d'auteurs, ce n'est pas tant le fait de récupérer des morceaux de fichiers, que les mettre à disposition des autres "pairs". Si j'achète un DVD qui s'avère être illisible (merci DVDCSS), et que j'en télécharge une image lisible sur un réseau de P2P, la seule chose qui me sera reprochée est, pendant que je récupérais l'image du DVD, de l'avoir mise à disposition d'autres personnes sans vérifier si elles avaient le droit d'en effectuer une copie. Le "téléchargement illégal" ne l'est alors qu'à cause d'une moitié seulement de l'opération de téléchargement, celle d'émission (upload), la réception (download) étant dans ce cas légale.

Finalement, plus que l'illégalité du téléchargement en contradiction avec les droits d'auteurs, ce qualificatif "légal" fait ressortir l'incompétence et l'archaïsme des ayants-droits: ils ont mis tellement longtemps à rendre possible le "téléchargement légal" que le mot "téléchargement", quand il s'agit de musique et de films, se retrouve affublé d'une aura d'illégalité.

Imaginons un pays qui ait décidé, après des années d'interdiction, de réglementer l'usage des véhicules à moteur et de permettre leur circulation: ne serait-il pas ridicule à parler de "déplacement légal" afin de mettre en avant la différence de ce qu'il autorise avec une pratique qu'il n'a su ni anticiper, ni gérer? Les majors et certains artistes en sont aujourd'hui à ce point. N'oubliez pas cela quand un artiste parle de "Téléchargement légal": Hé, banane, pourquoi il a été illégal pendant si longtemps?

Le lien irrespectueux.

25/11/2008 à 23:04:45 - 7 commentaires

Toujours vérifier avant de râler!

- Ooooops!

Je me suis trompé.. Le lien en question est le lien sur le webmail, et je l'ai reçu à la suite d'une erreur de manipulation de l'expéditeur.

- Moralité: toujours passer au moins autant de temps à étudier le problème, qu'à écrire à son sujet.

Malgré tout, je laisserai ce billet, dans la mesure où j'ai posté un lien qui y envoie, et que comme tout le monde je n'aime pas les "erreurs 404".

Ce qui suit est donc hors de propos et totalement inutile:

- Le truc marrant.. pas marrant du tout.

(Mais alors, vraiment pas)

Il y a quelque jour, j'ai reçu, de la part de quelqu'un de proche, un mail en apparence fort sympathique, m'invitant à "nettoyer mon écran", et me laissant pressentir une bonne blague..

Espérant qu'il ne s'agissait pas d'un PPS ou d'une animation Flash, je clique sur ce lien, plutôt long d'ailleurs

Attention, si vous suivez ce lien, vous vous exposez à une cruelle déception! , sauf si vous disposez d'un "Windows Live ID", à savoir (d'après ce que j'ai cru comprendre), d'un compte sur un ensemble de service proposé par une certaine société.

Oui, mais tout le monde n'a pas un "Windows Live ID", loin de là. Moi pas, par exemple.

Et il est nécessaire d'être inscrit au service "Windows Live ID" afin d'accéder au truc rigolo, et vous risquez d'être accueilli par une fenêtre vous demandant vos Login et Mot de Passe.

Donc je me suis retrouvé tout déçu devant ladite demande de connexion.

- Pourquoi tant d'injustice?

Et, après quelques instants de réflexion, le but de ce lien perfide m'est apparu: pousser ceux qui reçoivent ce lien à se créer un "Windows Live ID" s'ils n'en ont pas déjà.

Pour information, un "Windows Live ID" est attribué automatiquement lors de la création d'une adresse "Hotmail", ou peut être créé manuellement à l'aide d'une autre adresse mail.

Et Hotmail est un des rares (avec "Voilà") service de messagerie accessible uniquement via un navigateur Web, sauf à payer.

Donc, ce lien sinistre apparait dans un navigateur Web, sur le webmail Hotmail. Son destinataire clique dessus et voit un truc rigolo tout de suite, vu qu'il est connecté à son compte. Jusque là, ça va. Il se dit alors "Tiens, c'est rigolo, je vais le faire passer à ceux de mes contacts que j'apprécie, afin qu'ils rigolent aussi.". Louable intention. Sauf que, si ledit contact ne dispose pas d'un compte "Windows Live ID", il voit apparaitre une pas-marrante-du-tout fenêtre de connexion, l'invitant à saisir son identifiant et son mot de passe "Windows Live ID" afin d'accéder au contenu rigolo.

- C'est pas gentil d'envoyer ça.

C'est d'une impolitesse extrême! Inviter quelqu'un à se bidonner devant un contenu qu'il devine amusant, pour le forcer à souscrire à un service dont il ne veut pas (sinon il serait déjà inscrit), est plutôt désagréable. Venant d'une publicité, c'est rageant. Venant d'un proche, c'est tout simplement insultant. C'est sous-entendre "Si tu veux vraiment être proche de moi et partager mes amusements, tu dois t'inscrire au service de cette société".

Sauf que ceux qui transmettent ce type de lien ne le font pas exprès. Pour eux, tout est transparent et naturel: ils voient le lien, ils cliquent, le truc marrant s'affiche, et ils s'imaginent qu'il en sera de même pour tout le monde. Aucune raison de leur en vouloir, d'autant plus qu'il faut des connaissances assez poussées pour deviner que ce lien est perfide, quand on le reçoit et qu'on est connecté au service "Windows Live ID".

- Que faire?

C'est assez répugnant de voir que la société qui propose le service "Windows Live ID" s'est arrangée pour faire de ses utilisateurs des commerciaux à leur insu. Et d'une manière totalement perfide, qui plus est. Il y avait déjà les irritantes publicités rajoutées par le service "Hotmail" au bas de chaque mail envoyé, invitant le destinataire à rejoindre lui aussi ce service. Mais là, c'est pire. C'est une agression directe, pas une invitation discrète.

Donc, que faire?

- Si vous ne disposez pas de compte "Windows Live ID" et qu'on vous envoie un de ces liens pourris, ne vous gênez pas pour répondre par un lien vers le présent blog, ou pour reprendre tout ou partie du présent billet à votre compte (sans avoir à en préciser l'origine, je m'en fous).

- Si vous disposez d'un compte "Windows Live ID" et que vous n'avez pas envie de travailler bénévolement pour le compte d'une compagnie aux méthodes aussi peu scrupuleuses, vérifiez si les liens que vous envoyez ne nécessitent pas une inscription à ce service. C'est une simple question de respect envers vos contacts.

Le problème est que cela est assez difficile d'effectuer une telle vérification, alors je vous suggère une méthode plus simple: effacez votre "Windows Live ID" et utilisez un autre service de messagerie.

Si vous vous en fichez de manquer aux règles élémentaires de la politesse, et d'être pris pour le larbin bénévole d'une entreprise qui ne considère votre existence que comme celle d'un commercial perfide, dégagez de mon blog, merci.

- Pourquoi ce billet?

A l'origine, j'avais l'intention de ne répondre qu'à l'expéditeur du lien perfide. Mais, étant donné que le problème n'est pas un problème de personne, mais bien le problème de la politique commerciale inacceptable d'une société, il m'a paru utile de rendre publique cette réaction. N'hésitez pas à laisser des commentaires dans l'espace prévu à cet effet, aucune inscription n'est requise pour cela.

- Et c'était quoi le truc rigolo, alors?

J'aimerais bien le savoir.. au final, je vais devoir me créer un compte "Windows Live ID" totalement factice, avec des données personnelles toutes fausses, uniquement afin d'y accéder. J'espère pouvoir en extraire le contenu et le rendre public ici même, puis supprimer mon compte "Windows Live ID".